Je me souviens étant petit, je prenais des cours de piano. Le prof me faisait un peu fliper mais dans l'ensemble cela m'encourageait à avancer. C'était très dur pour moi, j'adorais le piano mais
n'avais aucun talent particulier. Alors je galérais. Je me suis souvent retrouver dans des situations un peu difficiles. Des trucs qui te font douter de l'utilité de ta vie sur terre. Quand tu te
retrouves à ne plus être en harmonie avec toi même et tes semblables qui ne sont plus vraiment tes semblables d'ailleurs. Alors de fil en aiguille on se pose des questions. Et on avance.
Bon revenons à nos moutons, mon prof de piano était un sacré nerveux. Le genre de type qui rêvait d'une carrière de musicien et qui se retrouve à la quarantaine paumé dans un conservatoire
de banlieue. Il était nerveux mais pas frustré. Jamais il n'a manifesté la moindre amertume. Mais on sentait en lui un rêve brisé, lorsque outré par la faiblesse de mon niveau il laissait son
regard se perdre à la fenêtre. Lorsque je me lançais dans mes improvisations, il intervint et me parlait de JJ Rousseau. "tu as l'esprit d'escalier", me disait-t-il. Quand tu te rends chez
une fille, c'est quand tu te retrouves dans l'escalier que tu te dis que tu l'aurais bien embrassé. Et, il avait un peu raison le bougre. Ces derniers temps une sorte
d'ambivalence m'envahit. J'ai été tellement déçu que je me protège et en même temps j'aimerais bien tenté l'aventure. Mais quand les choses tardent trop, elles s'épuisent et meurent dans l'oubli.
Je veux pas finir comme ça, je veux que la vie m'envahisse de sa douceur et de sa cruauté. Je veux pas me dire à quanrante ans, putain pourquoi j'ai rien fait !
Par loser
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