Je me prends des claques. La vie cet hiver est un peu rude. Je viens de passer les mois les plus sombres de mon existence : plus de thunes, plus de copine et plus de boulot.
J'étais comme sur un nuage et j'ai rien vu venir. Je suis passé du tout au rien. Je me souviens de ce jour où je dînais avec mon père. Ce soir là il était bien plus loquace que d'habitude.
Il me dit du ton le plus neutre en me regardant bien droit dans les yeux : " profite bien tant que ça dure ". Le salop il savait très bien comment allait se finir toute cette
histoire. Mais il y avait quand même une certaine sagesse dans ces quelques mots dont je me souviendrais toute ma vie. Peut-être qu'il avait lui même vécu la même situation. Depuis ce jour
là mon regard sur mon père a changé, parceque l'on partage quelquechose.
Alors, je me suis retrouvé dans le caniveau, au plus bas de l'echelle social. Plus envie de rien, fatigué de tout. Les souvenirs tournoyaient dans mon esprit comme des âmes en peine.
Je prenais du plaisir à les faire revivre l'espace d'un instant. Mais une fois l'image rejouée, je sentais comme une déchirure dans mon coeur.
Je n'ai jamais ressenti autant de regret. Et mon esprit se lançait dans des hypothèses, si j'avais fait ceci, si il s'était passé cela. Cela aurait sans doute été different mais
l'issu aurait été la même. Enfin voilà, je retrouve peu à peu ma lucidité. Il m'en aura fallu du temps. Je dois bientôt la revoir, et je me sens tout simplement comme le big boss des gros
cons. Affaire à suivre...